Fiche conçue à partir des paramètres de l’année d’imposition 2025
Objectifs et description
Le crédit pour frais médicaux[1] est un crédit d’impôt non remboursable qui existe à la fois au fédéral et au Québec. Il vise à « compenser une partie des frais médicaux supportés par un contribuable, lorsque ceux-ci excèdent un certain niveau de revenu »[2].
Pour l’année d’imposition 2025, le crédit pour frais médicaux entraîne une dépense fiscale estimée à 2,475 G$[3] pour l’ensemble du Canada. Pour l’année d’imposition 2023, 30 952 420 particuliers ont demandé ce crédit. Les femmes (51 %) ont été légèrement plus nombreuses que les hommes (49 %) à en faire la demande[4].
Pour l’année d’imposition 2025, le crédit pour frais médicaux entraîne une dépense fiscale estimée à 1,304 G$[5] au gouvernement du Québec. Pour l’année d’imposition 2022, 2 605 513 particuliers ont demandé ce crédit. Les hommes (55 %) ont été plus nombreux que les femmes (45 %) à en faire la demande[6].
| Utilisation et coût de la mesure | Analyse différenciée selon le sexe | |||
| Total | Femmes | Hommes | ||
| Fédéral | Utilisation | 30 952 420 particuliers (2023) | 51 % (2023) | 49 % (2023) |
| Coût | 2,475 G$ (2025) | 51 % (2023) | 49 % (2023) | |
| Québec | Utilisation | 2 605 513 particuliers (2022) | 45 % (2022) | 55 % (2022) |
| Coût | 1,304 G$ (2025) | 44 % (2022) | 56 % (2022) |
Paramètres et calcul
Au fédéral, on obtient la valeur du crédit pour frais médicaux en appliquant le taux de 14,5 % au montant des frais médicaux admissibles qui excède le moins élevé de 3 % du revenu net du particulier ou 2 834 $ pour l’année d’imposition 2025. Ce dernier seuil est indexé annuellement selon le taux d’indexation du régime d’imposition des particuliers. Pour les particuliers québécois, la valeur du crédit est réduite en raison de l’abattement pour les résidents du Québec.
Au Québec, on obtient la valeur du crédit pour frais médicaux en appliquant un taux de 20 % au montant des frais médicaux admissibles qui excède 3 % du revenu familial net.
Le crédit d’impôt pour frais médicaux a la particularité qu’il peut être demandé à l’égard de dépenses payées au cours d’une période de 12 mois consécutifs qui se termine pendant l’année d’imposition pour laquelle la demande est présentée. Par exemple, un contribuable peut demander son crédit pour frais médicaux de l’année d’imposition 2025 sur une période de 12 mois s’étendant du mois d’août 2024 au mois de juillet 2025 si c’est ce qui est le plus avantageux pour lui. Les frais demandés ne doivent pas couvrir une période déjà visée antérieurement par le crédit.
Au fédéral, les demandes à l’égard de frais médicaux effectués au nom d’un époux, d’un conjoint de fait ou d’enfants mineurs peuvent être regroupées avec les frais médicaux du contribuable, pour autant que les frais dépassent un seuil minimal qui s’applique de façon individuelle pour chaque contribuable. En ce qui concerne les frais médicaux payés pour des personnes majeures à charge, ils peuvent aussi être considérés avec les frais médicaux du contribuable, mais ces derniers seront calculés distinctement et en fonction du revenu de la personne majeure à charge. Par exemple, un particulier qui paie 2 000 $ pour les frais médicaux d’un enfant majeur à charge qui a un revenu de 10 000 $ pour l’année, pourra ajouter à ses frais admissibles 2 000 $ moins le moindre entre le plafond pour l’année (2 834 $ en 2025) ou 3 % du revenu net de la personne majeure à charge. Ainsi, le particulier pourra ajouter 1 700 $ à ses frais médicaux, soit 2 000 $ – (10 000 $ x 3 %).
Au Québec, les frais médicaux payés par le contribuable (ou par son conjoint) pour lui-même, son conjoint, ses enfants mineurs à charge et toutes autres personnes majeures à charge sont regroupés ensemble. Le seuil minimal est de 3 % du revenu familial, sans égard au revenu de la personne majeure à charge.
Il n’y a pas de plafond au montant du crédit d’impôt pour frais médicaux. Toutefois, seuls les montants payés pour des frais médicaux admissibles qui n’ont pas été remboursés par une assurance privée peuvent être inclus dans le calcul du crédit.
La prime d’assurance maladie payée par les employés est admissible à titre de frais médicaux, tant au Québec qu’au fédéral. Toutefois, la portion payée par l’employeur est admissible uniquement au Québec puisqu’elle est traitée comme un avantage imposable alors qu’elle n’est pas imposable au fédéral.
La prime d’assurance médicament du Québec (RAMQ) est admissible au crédit pour frais médicaux, tant au Québec qu’au fédéral. La prime calculée pour l’année d’imposition 2025 est admissible au Québec en 2025 et au fédéral en 2026.
Certains frais médicaux sont admissibles au Québec et ne le sont pas au fédéral ou vice-versa. Par exemple, les frais payés pour un naturopathe ou un ostéopathe. Concernant ces deux professionnels, la position du fédéral est la suivante : l’ostéopathie et la naturopathie ne font pas partie des professions reconnues par l’Office des professions du Québec puisqu’il n’existe aucune législation au Québec qui les autoriserait à fournir des services médicaux ou exercer la médecine au Québec. Par conséquent, les frais payés pour les services d’un ostéopathe ou de naturopathie au Québec ne sont pas admissibles comme frais médicaux au fédéral[7]. Du côté du Québec, sa position est la suivante : bien que l’exercice de l’ostéopathie ou de la naturopathie ne soit pas régi par un ordre professionnel, selon la législation fiscale présentement en vigueur au Québec, cette profession est reconnue pour l’application du crédit d’impôt pour frais médicaux. En effet, le paragraphe b du premier alinéa de l’article 752.0.18 de la Loi sur les impôts prévoit expressément qu’un ostéopathe ou un naturopathe est un « praticien » aux fins de l’application de ce crédit d’impôt. Il est toutefois à noter qu’à compter du 1er janvier 2026, la Loi sur les impôts du Québec sera modifiée afin que les homéopathes, les naturopathes, les ostéopathes et les phytothérapeutes ne soient plus reconnus comme des praticiens.
Autre exemple de différence de traitement, les frais pour montures de lunettes sont limités à 200 $ au Québec alors qu’il n’y a pas de plafond au fédéral.
Pour une liste complète des frais médicaux admissibles, veuillez consulter les liens fournis dans la section « Ressources complémentaires » à la fin du présent document[8].
Bon à savoir et points à retenir
Voici une liste, non exhaustive, de certains points bons à savoir et à retenir.
- Au fédéral, il est possible de comparer le montant qu’un contribuable pourrait demander avec celui que son époux ou conjoint de fait pourrait demander. Il est souvent plus avantageux que celui ayant le revenu net le moins élevé en fasse la demande (en raison du fait que les frais admissibles doivent excéder 3 % du revenu net de la personne qui demande le crédit)[9].
- Au fédéral, les frais médicaux payés pour une personne à charge âgée de 18 ans et plus doivent être traités distinctement des autres frais médicaux de la famille. À cet effet, le montant pouvant être considéré sera calculé en fonction du revenu net de la personne à charge. Au Québec, les frais médicaux relatifs à cette même personne à charge sont ajoutés aux autres frais médicaux de la famille.
- Au Québec, la cotisation à payer à la RAMQ pour l’année courante peut être considérée à titre de frais médicaux admissibles uniquement à la condition que la date du 31 décembre de cette année soit comprise dans la période de 12 mois consécutifs utilisée pour calculer le montant des frais médicaux[10].
- Au Québec, il existe aussi un crédit distinct pour les frais payés relativement à des soins médicaux qui ne sont pas dispensés dans la région où le contribuable habite. Sommairement, les frais médicaux admissibles à ce crédit sont les frais de déplacement et de logement payés pour obtenir, au Québec, des soins médicaux qui n’étaient pas dispensés à moins de 200 kilomètres de la localité où est situé le domicile du contribuable. Il est à noter que ces frais ne sont pas réduits par le revenu familial[11].
- Il existe également un crédit d’impôt remboursable pour frais médicaux permettant de récupérer un maximum de 1 504 $, au fédéral, et un maximum de 1 466 $, au Québec, en 2025.
Illustration de la mesure
Un particulier célibataire québécois dont le revenu est de 100 000 $ et dont les frais médicaux admissibles s’élèvent à 5 000 $ pour l’année d’imposition 2025 aura un crédit pour frais médicaux d’une valeur de 262 $ au fédéral et de 400 $ au Québec.
| Fédéral | Québec | ||
| Frais médicaux admissibles | 5 000 $ | Frais médicaux admissibles | 5 000 $ |
| MOINS : | 2 834 $ | MOINS : | 3 000 $ |
| Moindre de : | - 3 % du revenu familial net du particulier (100 000 $ x 3 % = 3 000 $) | ||
| - 2 834 $ | |||
| - 3 % du revenu du particulier (100 000 $ x 3 % = 3 000 $) | |||
| Montant utilisé pour le crédit pour frais médicaux (5 000 $ - 2 834 $) | 2 166 $ | Montant utilisé pour le crédit pour frais médicaux (5 000 $ - 3 000 $) | 2 000 $ |
| Crédit (taux de 14,5 %) | 314 $ | Crédit (taux de 20 %) | 400 $ |
| Crédit (incluant l’abattement pour les résidents du Québec) | 262 $ |
Historique de la mesure
Le crédit pour frais médicaux existe depuis l’année d’imposition 1988, tant au fédéral qu’au Québec. Auparavant, les frais médicaux faisaient l’objet d’une déduction dans le calcul du revenu imposable.
Un communiqué de presse publié le 14 mai 2025 par le ministère des Finances du Canada a annoncé une baisse générale de l’impôt sur le revenu des particuliers et une baisse du taux de conversion pour certains crédits d’impôt à compter du 1er juillet 2025[12]. Ainsi, le taux de crédit applicable aux crédits personnels, dont le crédit pour frais médicaux est passé de 15 % à 14 %. Il est toutefois à noter que le taux sera de 14,5 % en 2025 étant donné que le taux de 14 % s’applique uniquement pour 6 mois (juillet à décembre 2025).
Le budget du Québec 2025 a annoncé que la législation fiscale québécoise serait modifiée de façon que l’expression « praticien » prévue à la Loi sur les impôts ne comprenne plus les homéopathes, les naturopathes, les ostéopathes et les phytothérapeutes. Cette modification s’appliquera à compter du 1er janvier 2026[13].
Ressources complémentaires
- Agence du revenu du Canada, Frais médicaux admissibles que vous pouvez demander dans votre déclaration.
- Agence du revenu du Canada, Frais médicaux.
- Revenu Québec, Frais médicaux.
- Revenu Québec, Les frais médicaux – IN-130.
[1] Loi de l’impôt sur le revenu, L.R.C. (1985), ch.1 (5e suppl.), art. 118.2 et Loi sur les impôts, RLRQ, c. I-3, art. 752.0.11 à 752.0.13.3.
[2] MINISTÈRE DES FINANCES DU QUÉBEC, Dépenses fiscales – Édition 2024 (mars 2025), p. C.122.
[3] MINISTÈRE DES FINANCES DU CANADA, Rapport sur les dépenses fiscales fédérales (2025), p. 111.
[4] ARC, Statistiques sur les déclarations de revenus des particuliers (année d’imposition 2023), Tableau 4.
[5] MINISTÈRE DES FINANCES DU QUÉBEC, Dépenses fiscales – Édition 2024 (mars 2025), p. C.122.
[6] MINISTÈRE DES FINANCES DU QUÉBEC, Statistiques fiscales des particuliers – Année d’imposition 2022 (juin 2025), p. 96.
[7] Interprétations techniques 2014-0523911E5 du 13 novembre 2014 et 2015-0585011I7 du 7 août 2015.
[8] La liste complète des frais médicaux admissibles est disponible pour le fédéral au par. 118.2(2) LIR et pour le Québec à l’article 752.0.11.1 LI.
[10] REVENU QUÉBEC, 381 – Frais médicaux, en ligne.
[11] REVENU QUÉBEC, Frais pour soins médicaux non dispensés dans votre région.
[12] MINISTÈRE DES FINANCES DU CANADA, Communiqué de presse, Le gouvernement du Canada offrira une réduction d’impôt qui profitera à la classe moyenne (14 mai 2024).
[13] MINISTÈRE DES FINANCES DU QUÉBEC, Budget 2025-2025, Renseignements additionnels (25 mars 2025), p. A.52.