Bulletin de veille du 3 juin 2025

Québec/Canada

Ce rapport résume le budget de l’Ontario 2025, et présente notamment les perspectives pour l’économie de la province, le solde budgétaire, le fardeau de la dette, les revenus et les dépenses.

L’objet du présent rapport est d’appuyer les membres du parlement provincial dans leur débat sur le budget de l’Ontario 2025. Ce rapport fournit un aperçu et une analyse du budget de l’Ontario 2025, et présente notamment les perspectives pour l’économie de la province, le solde budgétaire, le fardeau de la dette, les revenus et les dépenses.

Les perspectives économiques de la province se sont détériorées.

  • Les perspectives économiques que le gouvernement a présentées dans le budget de l’Ontario 2025 sont plus faibles que celles présentées dans le document Perspectives économiques et revue financière de l’Ontario 2024 (EEA), principalement en raison de l’incidence des tarifs douaniers américains et de l’augmentation de l’incertitude géopolitique.
  • Le PIB réel de l’Ontario, l’indice le plus général mesurant l’activité économique, devrait augmenter en moyenne de 1,2 % par année de 2025 à 2027, soit 0,9 point de pourcentage de moins que prévu dans l’EEA 2024.
  • Les perspectives de croissance du PIB réel dans le budget de 2025 concordent de manière générale avec le « scénario tarifaire » des perspectives présentées par le BRF, soit une croissance annuelle moyenne de 1,4 % et de 1,3 % respectivement au cours de la période allant de 2025 à 2028. Cependant, les deux perspectives économiques font état d’une importante incertitude liée aux droits de douane.

L’Ontario repousse à 2027-2028 le retour à l’équilibre budgétaire. 

  • Après un déficit budgétaire de 0,6 milliard de dollars en 2023-2024, on prévoit une détérioration du budget comportant un déficit de 14,6 milliards de dollars en 2025-2026, avant de retrouver l’équilibre en 2027-2028, soit un an plus tard que prévu dans l’EEA 2024.
  • La trajectoire du retour à l’équilibre budgétaire en 2027-2028 présentée dans le budget 2025 repose sur une croissance des revenus s’établissant en moyenne à 4,0 % en 2026-2027 et en 2027-2028, grâce à une croissance des revenus fiscaux plus élevée que celle observée historiquement compte tenu de la projection économique établie dans le budget. Durant la même période, la croissance des dépenses ralentira pour atteindre un taux moyen de 0,7 %, soit bien moins que l’augmentation prévue de la population et de l’inflation.
  • Le budget de 2025 prévoit que la dette nette augmentera pour atteindre 93,8 milliards de dollars au cours de la période visée par les perspectives, laquelle s’élèvera à 501,7 milliards de dollars en 2027-2028. Les déficits budgétaires accumulés représentent 30 % de la dette nette supplémentaire et 70 % de cette dette sont dus à une augmentation des actifs non financiers, principalement les immobilisations appartenant à la province et au secteur parapublic (hôpitaux, collèges, conseils scolaires et sociétés d’aide à l’enfance).
  • D’ici 2026-2027, les trois indicateurs de viabilité financière du gouvernement utilisés dans le budget de 2025 se seront détériorés relativement à l’EEA 2024. Deux de ces indicateurs (le ratio dette nette-PIB et le ratio de l’intérêt sur la dette-revenus de fonctionnement) devraient empirer, mais demeurer sous les cibles établies par le gouvernement. En revanche, on prévoit que le ratio dette nette-revenus de fonctionnement dépassera la cible du gouvernement à compter de 2025-2026. 

Dans ce Bilan, les auteurs soulignent que la faible intensité de la concurrence au pays est en grande partie responsable des enjeux de productivité.

Dans la 15e édition de Productivité et prospérité au Québec – Bilan, les chercheurs du Centre sur la productivité et la prospérité – Fondation Walter J. Somers (CPP) démontrent que le déficit de productivité structurel du Québec limite la capacité des entreprises à développer de nouveaux marchés, que ce soit à l’international ou à l’intérieur même du Canada.

Alors que des pans entiers de l’économie sont exposés face à la montée du protectionnisme américain, le CPP met en lumière l’importance de s’attaquer au
fondement du retard endémique de productivité afin que les entreprises québécoises parviennent à supplanter les importations de l’étranger sur le marché intérieur et à profiter de nouveau du taux de change avantageux pour s’immiscer davantage sur les marchés étrangers.

Les chercheurs expliquent que la prospérité à long terme repose sur l’investissement privé, et non sur la levée de barrières au commerce interprovincial annoncée en grande pompe comme priorité pour contrer les tarifs du gouvernement américain.

Pour arriver à leurs fins, les entreprises devront désenclaver le marché intérieur pour intensifier la concurrence. Comme les véritables barrières au commerce interprovincial relèvent de la distance qui sépare les marchés, la seule façon d’y parvenir sera de renforcer les axes commerciaux d’est en ouest.

Ce rapport conclut que les baisses de taux d’impôt envisagées sur le revenu des particuliers et des sociétés en Alberta auraient des effets limités sur l’activité économique et entraîneraient une perte nette de revenus pour la province.

As recently as 2014, Alberta enjoyed a significant tax advantage, which included a single 10% personal income tax (PIT) rate, the lowest in Canada. However, in 2015, the newly elected NDP government introduced a progressive five-bracket PIT system with a top rate of 15%, eroding Alberta’s tax advantage. Alberta’s top combined provincial and federal PIT rate is 48%, ranking it the tenth highest in North America. As well, its tax competitiveness is lower, compared with other energy-producing regions. The main objective of this study is to examine the revenue implications of replacing Alberta’s current five-bracket PIT system with a single rate of 8%. The study analyzed three alternative reform scenarios: Immediate transition to an 8% single rate starting in 2025, gradual transition to 8% over three years, ending in 2027, and an immediate 20% across-the-board tax reduction in the current five-bracket system in 2025. After accounting for the positive behavioural effects of reduced taxes, this study finds that if Alberta immediately switches to a single 8% PIT rate, PIT revenue would drop by $6.1 billion (a 35.6% reduction) in the first year. Gradual transition to a single 8% rate would initially reduce revenue by $264 million (1.5%), rising to $6.9 billion (a 37.0% decline) by 2027. In contrast, an immediate 20% across-the-board cut in the current PIT system would reduce provincial revenue by $5.1 billion (a 29.5% drop) in 2025.

États-Unis

Ce rapport analyse les effets sur le budget et l’économie de huit scénarios différents de ceux qui sous-tendent la base de référence élargie du CBO – six qui font varier les conditions économiques et deux qui font varier les conditions budgétaires.

In this analysis, CBO reports specific economic or budgetary outcomes only for scenarios in which debt does not exceed 250 percent of GDP. That approach is not an indication that the agency considers that level of debt to be a fiscal tipping point. (CBO cannot predict with any confidence whether or when abrupt macroeconomic changes or sudden shifts in financial markets might occur in response to the amount and trajectory of federal debt.) Rather, assessing the economic effects of debt that exceeds 250 percent of GDP would require CBO to reevaluate the economic relationships in its current models. The agency’s long-term budget and economic projections are subject to significant uncertainty, and that uncertainty increases as projected debt expands far beyond historical experience, in part because of the potential economic effects of debt in that case.

International

Ce texte analyse l’impact redistributif de la politique fiscale dans huit pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Il évalue comment les impôts et les transferts modifient la répartition des revenus et souligne la nécessité de réformes fiscales globales axées sur des transferts ciblés, une fiscalité progressive et des investissements renforcés dans le capital humain.

This paper examines the redistributive impact of fiscal policy—specifically taxes and transfers—on poverty and inequality in eight countries in the Middle East and North Africa: the Arab Republic of Egypt, Djibouti, the Islamic Republic of Iran, Iraq, Jordan, Morocco, Tunisia, and the West Bank and Gaza. Utilizing the Commitment to Equity framework, the analysis evaluates how fiscal interventions alter income distribution across these diverse national contexts. The results indicate that direct cash transfers and social assistance programs are generally effective in reducing poverty and shielding vulnerable populations, while in-kind benefits—particularly in education and healthcare—significantly contribute to mitigating income inequality. In contrast, generalized subsidies, especially in the energy sector, are fiscally burdensome and largely regressive, offering limited equity gains. Indirect taxes, although important for revenue generation, often exacerbate income disparities. The study underscores the need for comprehensive fiscal reforms, including the expansion of well-targeted transfers, adoption of progressive taxation, and reallocation of inefficient subsidies toward investments in human capital. Successful initiatives, such as Egypt’s Takaful and Karama and Jordan’s Takaful and bread subsidy compensation programs, illustrate scalable models of effective redistribution. Moreover, the Islamic Republic of Iran’s progressive tax policies highlight viable pathways to equitable revenue mobilization. Strengthening investment in education and health is essential for promoting long-term equity, enhancing upward mobility, and supporting inclusive and sustainable development across the region.

Ce texte analyse l’expérience de la ville de Bogotá, en Colombie, en matière de financement des infrastructures de transport et démontre comment l’utilisation d’outils fiscaux locaux, d’un cadastre modernisé et d’une gouvernance participative a permis de combler des écarts de financement.

This note presents a comprehensive analysis of Bogotá’s experience with the betterment levy—contribución de valorización (CV)—as a land value capture (LVC) instrument to finance urban transport infrastructure. Focusing on five major programs implemented in 1995, 2005, 2010, 2013, and 2018, the note draws critical lessons for cities in the developing world seeking sustainable, equitable, and locally anchored financing mechanisms. Unlike much of the existing literature that isolates the betterment levy from broader fiscal dynamics, this note situates the levy within Bogotá’s evolving tax ecosystem, including property and sales taxes, and highlights the pivotal role of a modernized cadaster. It shows that while the betterment levy has never fully financed transport projects on its own, it has consistently contributed to closing funding gaps, especially when paired with improved tax collection and strategic debt use. The note concludes with ten actionable lessons for other cities, emphasizing the importance of enabling legislation, affordability assessments, city-wide standards, and citizen participation. It also underscores the need to consider the total tax burden on residents and the political economy of earmarked revenues. Sound financing sources generate significantly more revenue than the cost of collecting it. Bogotá’s experience demonstrates that even partial revenue from betterment levies can be transformative when embedded in a robust fiscal and institutional framework.

Ce rapport soutient qu’au Sénégal, l’élargissement des assiettes fiscales, soutenu par une meilleure mobilisation du secteur informel et une réforme de la gouvernance sociale, constitue un levier crucial pour financer durablement une protection sociale universelle dans un contexte de faibles recettes publiques.

L’ampleur de l’emploi informel et la faiblesse de l’assistance sociale témoignent des défis importants en matière de protection sociale auxquels le Sénégal fait face. Aujourd’hui, moins d’un Sénégalais sur quatre bénéficie d’un programme de protection sociale, tandis que les prestations associées restent limitées. Ce rapport explore comment le pays peut élargir la couverture sociale et garantir son financement de manière durable. Il détaille les leviers pour élargir l’espace budgétaire, notamment par un renforcement de la mobilisation des recettes fiscales, une rationalisation des dépenses fiscales et une réforme des subventions à l’énergie. Le rapport examine également les mesures pertinentes pour renforcer les régimes contributifs et favoriser la transition vers le travail formel. Ce faisant, il offre des pistes de réflexions et recommandations pour les décideurs, chercheurs et partenaires au développement engagés dans le développement d’un système de protection sociale inclusif et durable au Sénégal.

Équipe de rédaction

Recherche et sélection des articles :

  • Alyson Auger-Collette
  • Mirlyn-Daphney Brutus
  • Kristine Javier
  • Louis Lemay

Coordination et édition :

  • Tommy Gagné-Dubé

Note: L’intelligence artificielle générative a été utilisée dans la préparation de ce bulletin de veille pour la préparation de certaines des phrases résumées (en gras) des documents.